Between the books

28 janvier 2012

Mes découvertes littéraires des derniers mois.

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Bilan des lectures réalisées pendant ma longue absence:

L'Etrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman. Après la découverte de cet auteur et de son univers étrange, plongée dans son univers version jeunesse. Gothique et mélancolie au programme. Un conte noir mais envoûtant.

La Vie suspendue T1,Tobie Lolness de Timothée de Fombelle. C'est ma révélation jeunesse de l'année! Un récit haletant et mené d'une main de maître.

La Double Inconstance de Marivaux. Une pièce dérangeante pour ma rigide moralité. On y échange d'amour comme de chemise sans trop de résistance.

La Place d'Annie Ernaux. Bouleversant. Une langue dépouillée, minimaliste pour un texte profond sur les relations entre une femme et son père.

Le Portrait de Dorian Grey d'Oscar Wilde. Roman fantastique majeur. Une descente en enfer angoissante et vénéneuse où la question du bonheur est décortiquée et présentée sous un jour pour le moins sombre et torturé.

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15 janvier 2012

Retour?

odilon-redon-le-reveur-eveille,M50875Hé! Il ya quelqu'un? Ouh! Ouh! Ce qu'il peut faire noir là-dedans! Où est la lumière?...

Ah! Mais c'est quoi ce truc? Beurk... des toiles d'araignées. Mais depuis combien de temps est-ce abandonné ce truc-là?

Il va falloir remettre le courant et donner un sacré coup de balai? Et puis ouvrir les fenêtres aussi afin de chasser cette odeur humide de renfermé.

Bon, on remonte ses manches et au boulot! A très bientôt... j'espère.

 

(Odilon Rédon, L'araignée souriante)

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07 novembre 2011

Carnet de Voyage: Turquie

Sur proposition d'amis, je me suis envolée avec eux vers Istambul.

1er jour: Arrivée à Istambul, location d'un véhicule et départ pour l'Asie. Long trajet en voiture pour rejoindre notre première destination: Pamukkale et Hierapolis.

 

2ème jour: Les sources d'eaux chaudes dévalent la collines et forment des concrétions de calcaire. Au sommet de la colline se trouve l'antique cité de Hierapolis. Juste splendide.

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La cité d'Aphrodisias ensuite, du nom de la déesse Aphrodite qui y avait un sanctuaire.

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3ème jour: Didyme, Milet, Priène et Ephèse. Priène est une ville surprenante construite dans la montagne. Quant à Ephèse, il s'agit du site le plus important de la côte. A visiter avec un audio-guide, au minimum.

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4ème jour: Long trajet en voiture.

5ème jour: Istambul. Découverte de Sainte-Sophie, de la mosquée bleue, du palais de Topkapi et de mosquées moins importantes.

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6ème jour: Musée archéologique, église Saint Sauveur in Chora, mosquées encore.

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Dans l'ensemble, nous en avons pris plein les mirettes et nous avons fait de très belles rencontres.

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01 novembre 2011

Le prince venu du froid... aurait mieux fait d'y rester

En ce jour de la Toussaint, je viens vous assurer que je ne suis pas passée dans l'au-delà mais j'ai été, et je suis toujours plus ou moins, ensevelie sous le travail. Décidément, être professeur de français est bien moins tranquille qu'on ne peut le croire...

sans-titreJ'ai bien sûr continué à lire, des livres, très, mais alors très divers. Pour preuve de ce que j'avance, je me suis attaquée (avec courage, je dois le dire) au Prince venu du froid de Barbara Cartland. Offert par boutade par mon amie très chère, Ms. Goliath, parce que je répétais sans cesse qu'il fallait un jour que j'en lise un, ce livre met en scène une héroïne anglaise qui porte le même prénom que moi; et cela, ce n'est pas rien!

La quatrième de couverture annonce ceci: "Le prince Ivan de Rusitanie rentre chez lui victorieux après avoir défait l'armée voskienne. Bien que l'armistice soit signée, il sait la paix fragile et comprend qu'il ne peut plus reculer devant le mariage. S'il veut asseoir sa dynastie, il lui faut très vite un héritier. Mais où trouver une jeune fille digne de monter sur le trône. Les Allemandes n'ont pas assez de grâce, les Françaises sont trop délurées... En désespoir de cause, Ivan se tourne vers la belle Cécilia de Yarlington. A 26 ans, ce n'est pas une écervelée. Elle sera de bon conseil et il lui fait confiance pour dénicher la perle rare..."

Alors sans être Mme Irma, on sait déjà que "la belle Cécilia" épousera le prince charmant venu de sa profonde Rusitanie. Que l'intrigue soit cousue de fils blancs, on s'y attendait quelque peu. Que la prose soit si mauvaise et indigeste, c'est plus décevant mais toujours peu surprenant. Mais je m'attendais à ce que mon petit coeur tendre de midinette frémisse comme devant un téléfilm à l'eau de rose de M6. Eh bien, non, rien, le néant... Le style était un obstacle au plaisir, les personnages étaient vraiment trop caricaturaux, les rebondissements médiocres et les descriptions insipides. Bref, c'est de la très mauvaise littérature. J'étais pourtant prête à me laisser convaincre sans résistance. Je suis déçue, déçue, déçue!

Encore merci à Ms. Goliath pour m'avoir faire vivre cette expérience Cartlandesque.

Ma note: 2/20 (parce que l'héroïne s'appelle comme moi) 

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11 septembre 2011

Les Nymphéas noirs de Michel Bussi

9782258088269Apporté dans la valise par ma mère pour que le lise au bord de la piscine, le roman Les Nymphéas Noirs de Michel Bussi révèle bien des surprises.

Un meurtre, un policier et trois femmes au coeur de l'affaire: une vieille femme, une petite fille talentueuse et une séduisante institutrice. Un homme est retrouvé assassiné à Giverny, le village de Monet, le célèbre impressionniste. Le principal suspect est le mari de l'institutrice du village mais rien n'est vraiment simple.

Avec une écriture fluide, maîtrisée et poétique, Michel Bussi multiplie les fausses pistes. Il mélange les genres avec talent. A la fois roman policier, biographie, journal intime, le récit se fait impressionniste et se construit par petites touches. Il semble que le récit glisse d'un personnage à un autre lorsqu'ils se croisent. Les rues de Giverny sont au coeur de ce roman qui n'est pas seulement policier mais aussi un réflexion sur le travail de l'artiste, sur la question du bonheur et de l'amour, ainsi que sur la vieillesse. Deux autres artistes se trouvent en filigrane: Monet, évidemment et ses oeuvres, mais aussi Aragon, ses poésies et son roman Aurélien. Le noeud de l'intrigue se résout de façon surprenante et inattendue. J'étais pourtant très attentive aux indices. J'avais quelques soupçons mais rien qui m'aurait permis de présager de la fin.

Michel Bussi est connu pour ses romans situés en Normandie. Quel plaisir de retrouver les rues de Giverny dans son roman! Il donne envie d'y retourner, de voir ce moulin de la sorcière et l'école primaire. De lire Aurélien aussi et de revoir les peintures de Monet. Ce roman est une réussite!

Ma note: 17/20 

 

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07 septembre 2011

Testament à l'anglaise: partie de Cluedo chez les Winshaw

TESTAM~1Quand Irulaane a noté dans mon carnet sous l'intitulé "Livres à lire avant de mourir" le livre de Jonathan Coe Testament à l'anglaise, je ne me doutais pas qu'elle me ferait découvrir un auteur de génie.

Une nuit dans un manoir anglais, un homme se fait tuer en tentant d'assassiner Lawrence Winshaw. A-t-il été envoyé par Tabitha Winshaw qui accuse son frère d'avoir tué Geoffrey Winshaw et d'être un traître? Michael Owen est chargé par la même Tabitah d'écrire l'histoire de la famille Winshaw. Quelles horreurs ne va-t-il pas découvrir?

Jonathan Coe est le maître de l'écriture fragmentaire et nous livre un roman dont la composition est ciselée comme un diamant. Alternent les articles de journaux, les extraits de journaux intimes, les récits à la troisième personne, les récits à la première personne; autant de feux resplendissants. Chaque fragment entre en écho avec les autres et tisse des liens inextricables. Ce roman qui s'annonce comme un roman policier révèle bien d'autres facettes: satire sociale, réflexion sur la création littéraire, le tout teinté d'humour noir.

Jonathan Coe explore l'époque de Tatcher: description au vitriol de la politique, de l'économie anglaise, il égratigne au passage les milieux de l'art, de l'agriculture et de l'édition. Tout n'est que faux semblants, coups montés et manipulations. Jusqu'au bout, le lecteur est la victime patiente des pièges savamment tendus par l'auteur. Et il découvre ébahi le fin mot de l'histoire dans une espèce de résolution infernale des noeuds de l'intrigue.

L'analyse détaillée du texte serait sans doute riche et sans fin car le roman est une exceptionnelle mise en pratique des techniques d'écriture les plus pointues. Bref, c'est brillant, étincelant, du pur génie!

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02 septembre 2011

365 photos pour voir le temps qui passe

3328161-vieille-horloge-notion-du-temps-qui-passe-le-temps-c-39-est-de-l-39-argentPoussée par Ms. Goliath, je la suis dans son challenge: une photo par jour. A compter d'aujourd'hui, vous pourrez retrouver une photo prise pour illustrer ma journée. Il ne s'agira pas d'art et certainement pas de belles photos. C'est plus sur le concept du journal revisité par l'instantané. Je pense d'ailleurs doubler l'expérience avec un carnet. Il y aura une citation, des notes, des trucs à coller, des dessins. Si le projet voit le jour, je vous tiendrai au courant.

Les jours de grande molesse ou celle d'activité intense, je posterai d'anciens clichés qui correspondront à mon humeur. J'espère tenir le rythme mais c'est loin d'être certain. Cela finira peut-être, comme toutes les bonnes résolutions et les projets, dans les oubliettes.

Pendant que j'y pense, voici l'adresse: http://365betweenthebooks.tumblr.com/. Vous pouvez aussi consulter celui de Ms. Goliath, dont les photos sont d'une toute autre qualité! http://365cappuccinos.tumblr.com/. Bon, j'ai un peu copié pour le titre, mais elle me pardonnera.

J'essaierai aussi d'être plus présente sur le blog et de ne pas me laisser déborder par le boulot. Il faudra aussi que je me remette un peu à parcourir la blogosphère. Que d'ambition pour une année qui s'annonce si chargée!

Bonne rentrée à tous (du moins pour ceux qui gravitent dans le milieu scolaire) et pour les autres bon courage quand même!

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30 août 2011

Manuel du couple: La Maison du Chat-qui-pelote de Balzac

9782253146223-GC'est la fin des vacances et bientôt la rentrée pour moi. Il est temps de faire un bilan des lectures de l'été. Je vous épargnerai la longue et fastidieuse bibliographie de mon mémoire (dont je vois enfin le bout!) pour me concentrer sur quelques belles découvertes.

Sur les conseils de ma collègue, au doux pseudo d'Irulaane, j'ai lu l'extraordinaire Le Testament Anglais de Jonathan Coe et le tome 1 du théâtre d'Eric-Emmanuel Schmitt. Au bord de la piscine, j'ai dévoré Les nymphéas noirs de Michel Bussi. Quand à ma lecture de Balzac, elle poursuit son petit bonhomme de chemin avec La Maison du Chat-qui-pelote. C'est par lui ce soir que nous allons commencer.

L'histoire se situe dans le quartier du commerce de draperie à Paris et commence par la description de cette maison du Chat-qui-pelote. La demeure reçoit son nom d'une enseigne au goût douteux qui représente un chat qui pelote, c'est-à-dire qui renvoie une balle avec une raquette. Elle abrite une famille de drapiers, les Guillaume. Un artiste de passage, Théodore de Sommervieux tombe amoureux d'Augustine la cadette qu'il aperçoit un jour à la fenêtre. Il la peint d'après son souvenir et expose son oeuvre. Il finit par gagner le coeur d'Augustine et demande sa main. Malgré les réticences de la famille, l'union entre une bourgeoise et un aristocrate a lieu. Mais aux premiers feux de la passion succède la désillusion.

Si on peut lire une morale à cette histoire qui serait qu'il y a des milieux qui ne peuvent s'unir, moi j'y ai surtout vu une belle réflexion sur l'amour. Qu'est-ce que l'amour? De quoi ce nourrit-il? Comment l'entretenir, le conserver? L'amour d'un homme ne semble pas se satisfaire de beauté, de bonté et de douceur. La femme ne doit pas se livrer et garder des mystères, se refuser aussi parfois, bref n'être pas tout à fait disponible. L'amour d'un artiste doit en plus être stimulé par le partage et l'échange à propos de son art.

La douloureuse histoire d'Augustine touche la sensibilité et trouve un écho dans chaque femme. Nous avons toute perdu l'amour d'un homme parce que l'on a pas su comment s'y prendre, parce que l'on s'est trop donné, trop vite, parce que l'on ne partageait pas la même vie, les mêmes valeurs, les mêmes ambitions. Alors Augustine ou duchesse de Carigliano, c'est à nous de choisir...

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12 août 2011

L'enfer du mémoire

116429002165J'ai décidé cette année d'entreprendre un M2 pour enfin valider un Bac+5. Quelle idée saugrenue ne m'avait pas là frappée! C'est que je ne m'attendais pas à devoir rendre cinq devoirs pour les séminaires sur des sujets que je maîtrisais peu voire pas du tout.

Alors voilà, je gâche mon été à suer sang et eau sur mon mémoire sobrement intitulé: "La magie chez Pline l'Ancien: entre religion, médecine et philosophie". Non seulement je suis loin d'un centre universitaire, les bibliothèques sont fermées en août mais surtout je n'ai pu vraiment commencé des recherches efficaces qu'au début de juillet. Puis alors que j'avais commencé ma rédaction, il a fallu tout recommencer parce que la voie sur laquelle je m'étais engagée ne convenait pas à ma directrice de recherche. Elle avait effectivement raison sur ce point. Mais le retard enregistré était irrattrapable.

Me voilà donc à la veille de la mi-août, un peu paniquée de n'avoir que rédigé la moitié du mémoire. Je suis d'autant plus inquiète que mes sources se tarissent faute de bibliothèque et que mon livre-sauveur n'apparaît toujours pas dans ma boîte aux lettres. Il faut bien avouer qu'Internet me sauve chaque jour la mise en mettant en ligne tant d'ouvrages indispensables. Malheureusement, poisseuse que je suis, les pages manquantes sur Google Book sont assez souvent celles qui m'intéressent le plus.

Bref, je suis en r'tard, en r'tard, en r'tard comme dirait l'autre lapin. Souhaitez-moi bon courage...

P.S: Vous aurez reconnu une illustration de Sarah Kay

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10 août 2011

L'Enchanteur de Barjavel: une lecture enchantée

Barjavel_LenchanteurCe livre est un jardin au printemps où coule un filet d'eau fraîche. On y perçoit le doux gazouillis des oiseaux et le parfum des fleurs à peine écloses. Le paradis est entre ses pages.

En terres de Bretagne vivait l'Enchanteur, compagnon et guide des chevaliers de la Table Ronde, qui ouvrit et ferma l'époque des Temps aventureux: Merlin, aux multiples apparences. Ce sont les exploits, les amours, les quêtes de ces personnages qui peuplent notre imaginaire que nous raconte Barjavel.

La lecture de ce livre fut pour moi une porte ouverte sur un printemps onirique. Barjavel par la beauté de ses mots et des images qu'il convoque, réussit à rendre l'univers arthurien comme personne. Chaque page est un rêve éveillé. Ce qui est incroyable c'est que Barjavel manie la rupture de registre avec brio. Le comique surgit au détour d'une phrase, là où on se s'y attend pas mais il ne gâche jamais la beauté du texte. Ces alternances entre épique et comique ne sont pas sans rappeler l'écriture médiévale si capricieuse et si créative. Aussi découvre-t-on Merlin créant la première boîte de conserve pour la mère de Bénie, et les supermarchés pour les habitants du village, et le recyclage écologique des boîtes.

Barjavel nous dessine un monde de beauté, de bravoure, d'audace et de pureté. D'amour aussi, mais d'amour absolu, de celui dont on ne se remet jamais, qui se joue en une fraction de seconde et qui est éternité; de l'amour vrai qui brûle les corps et les âmes.

C'est beau, tout simplement beau et pour mieux le prouver, je vous laisse écouter quelques mots:

"- Tu es Dieu... Dieu est en toi, Dieu t'habite parce que tu es belle... Tu es tous ses miracles... Les pointes de tes seins sont ses étoiles, tes seins sont la Terre et le Ciel, tes hanches sont le balancements du monde, ta peau est la douceur des fruits du Paradis, ta bouche dit la vérité de ce qui est..."

 

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